Pour en savoir beaucoup plus…

                                           …sur l'ozone.

Qu'est-ce que l'ozone?

L'ozone est un gaz qui se compose de 3 atomes d'oxygène (au lieu de 2 pour l'oxygène général). C'est un agent désinfectant extrêmement puissant : on l'utilise pour détruire ou désactiver les bactéries, les virus, les odeurs. Il se forme de façon naturelle à la surface de la planète, le plus souvent après les éclairs durant les orages. (Il s'agit de cette odeur caractéristique de frais, de propre, que nous sentons après un orage. L'ozone est également produit lors des chutes de pluie). Nous connaissons l'ozone grâce aux nombreux ouvrages traitant de "la couche d'ozone" qui entoure la Terre, au niveau de la stratosphère. Là, l'ozone est créé par le rayonnement UV issu du soleil et nous protège de celui-ci. Chacun d'entre nous est exposé de façon quotidienne à l'ozone, pendant de courtes périodes de temps, lorsque le trafic au sein de ville est trop important, ou lorsque les conditions météorologiques contraignent les gaz industriels à rester au niveau du sol. La combinaison de ces 2 phénomènes peut conduire à des concentrations en ozone 4 à 5 fois supérieures à la normale. Ces fortes concentrations, si elles restent courtes dans le temps, n'ont pas d'effets défavorables, et l'ozone se décompose en dioxygène assez rapidement.

Résumé :  l'ozone est un puissant désinfectant, non dangereux à faible dose, produit par l'action sur l'oxygène des rayons ultraviolets ou                            des  fortes décharges électriques des éclairs d'orages.

 

Quel est le cycle de vie de l'ozone?

La demie-vie de l'ozone est très courte : de l'ordre de 30 minutes. Cela suffit pour détruire par oxydation les bactéries, les virus et les odeurs.

Outre cette efficacité redoutable, l'ozone est sain à utiliser. L'odorat humain permet de détecter son odeur à des concentrations résiduelles extrêmement faibles. L'ozone, par son odeur, produit son propre moyen de détection, de même que nous pouvons sentir la fumée de cigarette dans un endroit où l'une d'entre elles vient d'être consumée. Cependant, même si la fumée de cigarette à des effets nocifs, il a été prouvé que des expositions à l'ozone à des concentrations si basses n'ont pas d'effets nocifs sur la santé. Suivant sa concentration, l’ozone peut avoir une odeur intense qui n’est pas sans rappeler le chlore, le foin ou les œillets. Cette odeur typique est aussi appelée celle du "soleil des montagnes". La sensibilité du nez humain est d’ailleurs bien supérieure à celle de la plupart des appareils de mesure : celui-ci perçoit le gaz à partir d’une concentration de 0,01 ml/m3. Ce qui signifie que, par rapport à d’autres gaz irritants, l’ozone peut être détecté par l’être humain même dans les quantités les plus infimes, ce qui lui donne la possibilité de prendre des mesures avant que le gaz ne devienne dangereux. Toutefois, le sens olfactif de l’être humain présente un inconvénient majeur par rapport aux instruments de mesure : l’effet d'accoutumance. Il suffit en effet de passer peu de temps dans un environnement pollué à l’ozone pour que celui-ci ne soit plus perçu par le nez.

 

Résumé : l'ozone a une odeur caractéristique qui permet de le détecter même à des concentrations très basses.

                Sa "demi-vie" est de 30min. Il fait son travail de désinfection puis disparaît.

 

 

Quelles sont les caractéristiques de l'ozone?

L'ozone est instable : dès qu'il est produit, il commence à se dégrader en oxygène. La demi-vie de l'ozone est de 30 minutes; cela signifie qu'après 30 minutes, la moitié de l'ozone contenu dans une pièce aura été dégradée. Cette demi-vie est raccourcie en présence de murs, tapis, meubles, virus, bactéries ou odeurs à oxyder. En pratique, l'ozone gazeux oxyde tout ce qu'il y a autour de lui (métaux, machines, murs, personnel ou même odeurs) réduisant ainsi sa demi-vie à seulement quelques secondes. Contrairement aux autres techniques de désinfection, l'utilisation d'ozone ne nécessite pas de stockage de produits dangereux puisqu'il est produit directement sur place et uniquement lorsque l'on en a besoin, conséquence directe de son instabilité. C'est l'un des désinfectants les plus puissants. Son potentiel d'oxydoréduction (ou potentiel redox) de 2,07 est très largement supérieur à celui du chlore qui n'est que de 1,35. Cela revient à dire que l'ozone oxydera des éléments qui ne l'auraient pas été par le chlore, d'où des temps de contact bien plus courts pour un même résultat de désinfection. L'ozone est un désodorisant puissant car, contrairement à de nombreux autres produits chimiques qui couvrent les odeurs, le gaz modifie la molécule d'odeur en l'éliminant. L'action destructrice que l'ozone parvient à exercer sur de nombreux polluants intérieurs tels que : oxydes de soufre, particules en suspension dans l'air, benzène, composés organiques volatils (COV), formaldéhyde, hydrocarbures aromatiques polycycliques (IPA), endotoxines et mycotoxines générées par les bactéries est très importante.

Un véritable lavage biologique des murs et de tous les objets qu'il contient, difficile à obtenir par d'autres applications. L'action préventive et bio-statique vigoureuse, typique de l'ozone, rend difficile, sinon impossible, la naissance et la reproduction d'innombrables espèces de micro-organismes, son action répulsive efficace favorise leur élimination. Quant aux virus en particulier, nous parlons d'inactivation. Cela signifie que l'action de l'ozone consisterait en une oxydation et en conséquence une inactivation des récepteurs viraux spécifiques utilisés pour la création de la liaison avec la paroi cellulaire à envahir. De cette façon, le mécanisme de reproduction virale est bloqué au niveau de sa première phase : l'invasion cellulaire. Le virus n'est pas détruit, mais rendu sans défense.

Le mécanisme par lequel l'ozone fonctionne est la peroxydation lipidique.

-L'ozone est une substance gazeuse qui, pour être efficace, doit avoir une concentration qui varie en fonction de la taille des milieux et avec des traitements de durée variable en fonction de l'objectif de désinfection. Par exemple, une pièce de 100 m3 peut être totalement assainie par un traitement à l'ozone de 35 minutes, y compris la ventilation nécessaire des pièces, en introduisant une quantité précise de gaz dans l'air.

-L'ozone est un antiviral puissant : son pourcentage d'inactivation virale est de 99,9999% si une désinfection de 4 minutes est effectuée avec un taux de gaz résiduel de 0,3 ppm (particules par million); entre autres, il garantit la purification et la stérilisation absolue de tous les polluants présents dans l'air, dans les systèmes de climatisation et dans les canaux de ventilation relatifs. Ceci s'applique à tous les virus, sans distinction.

En désinfection, le choix de l'ozone vient du fait qu'il est plus efficace que les autres désinfectants vers un spectre plus large de micro-organismes.

-L'ozone est un puissant désinfectant naturel, extrêmement efficace sans ajout d'additifs chimiques ou de détergents. Une fois le traitement terminé, il se reconvertit en oxygène sans aucun résidu chimique ou toxique. C'est le désinfectant naturel le plus puissant connu, en plus d'être un répulsif naturel pour les parasites. Étant plus lourd que l'air, il atteint facilement les points les plus cachés des environnements et pénètre par capillarité dans les tissus, éliminant jusqu'à 99,9999% des agents pathogènes tels que les bactéries, moisissures, spores, levures et virus, perturbant leur structure moléculaire et provoquant la mort des bactéries ou l'inactivation des virus. Grâce à son potentiel élevé d'oxydation, l'ozone oxyde les composants des cellules de la paroi des cellules bactériennes. Une fois que l'ozone entre dans les bactéries, il oxyde tous les composants essentiels (enzymes, protéines, ADN, ARN). Quand la membrane cellulaire est endommagée durant ce procédé, la bactérie se brise. C'est la "lyse". L'ozone est deux fois plus puissant que le chlore.

Résumé : l'ozone détruit les bactéries par oxydation. Une fois entré l'ozone détruit les enzymes, protéines, ADN et ARN. La                                             bactérie  se brise.

                C'est la lyse.

                Il inactive les virus en les rendant incapables de pénétrer les cellules-cibles par oxydation, donc destruction, de leurs                                          récepteurs spécifiques.

                Pas besoin de stocker ou d'ajouter des produits dangereux : on produit l'ozone sur place, il fait son travail de                                                      désinfection, puis il disparaît.

                En les oxydant, l'ozone modifie les molécules des gaz responsables des odeurs : c'est ainsi que toutes les odeurs disparaissent!                          L'ozone produit un véritable lavage biologique des murs, plafonds, sols, moquettes, mobilier; son action  bactériostatique                                  rend impossible la naissance et la reproduction des bactéries, virus, moisissures, insectes…sur tous les objets jusqu'au plus                                profond de vos armoires!

                Il pénètre par capillarité dans les tissus éliminant jusque 99,9999% des agents pathogènes.

 

L'ozone détruit 100% des odeurs et 99,9999% (désinfection) des bactéries et virus. Liste non exhaustive ci-dessous.

Bactéries

Achromobacter butyri NCI-9404. Aéromonas harveyi NC-2. Aéromonas salmonicida NC-1102. Bacillus anthracis. Bacillus cereus. B. coagulans. Bacillus globigii. Bacillus licheniformis. Bacillus megatherium sp. Bacillus paratyphosus. B. prodigiosus. Bacillus subtilis.

B. stearothermophilus. Clostridium botulinum. C. sporogenes. Clostridium tetoni. Cryptosporidium. Coliphage. Corynebacterium diphthriae. Eberthella typhosa. Endarnoeba histolica.Escherichia coli E.coli. Flavorbacterium SP A-3. Leptospira canicola. Listeria. Micrococcus candidus. Micrococcus caseolyticus KM-15. Micrococcus spharaeroides. Mycobacterium leprae. Mycobacterium tuberculosis. Neisseria catarrhalis. Phytomonas tumefaciens. Proteus vulgaris. Pseudomonas aeruginosa. Pseudomonas fluorescens (biofilms). Pseudomonas putida. Salmonella choleraesuis. Salmonella enteritidis. Salmonella typhimurium. Salmonella typhosa. Salmonella paratyphi. Sarcina lutea. Seratia marcescens. Shigella dysenteriae. Shigella flexnaria. Shigella paradysenteriae. Spirllum rubrum. Staphylococcus albus. Staphylococcus aureus. Streptococcus ‘C’. Streptococcus faecalis. Streptococcus hemolyticus. Streptococcus lactis. Streptococcus salivarius. Streptococcus viridans.

Torula rubra. Vibrio alginolyticus & angwillarum. Vibrio clolarae. Vibrio comma. Vibrio ichthyodermis NC-407.V . parahaemolyticus.

Cryptosporidium parvum. Giardia lamblia. Giardia muris…/…

Levures

Baker’s yeast. Candida albicans. Common yeast cake. Saccharomyces cerevisiae. Saccharomyces ellipsoideus. Saccharomyces sp…/…

Protozoaires

Paramecium. Nemotode eggs. Chlorella vulgaris (Algae). All Pathogenic. Non-pathogenic forms of Protozoa…/..

Algues

Chlorella vulgaris. Thamnidium. Trichoderma viride. Trichoderma albo-atrum. Verticillium dahlia…/…

Moisissures

Aspergillus candidus. Aspergillus flavus (yellowish-green). Aspergillus glaucus (bluish-green). Aspergillus niger (black). Aspergillus terreus, saitoi & oryzac. Botrytis allii. Colletotrichum lagenarium. Fusarium oxysporum. Grotrichum. Mucor recomosus A & B (white-gray). Mucor piriformis. Oospora lactis (white). Penicillium cyclopium. P. chrysogenum & citrinum. Penicillium digitatum (olive). Penicillium glaucum.

Penicillium expansum (olive). Penicillium egyptiacum. Penicillium roqueforti (green). Rhizopus nigricans (black). Rhizopus stolonifera.

Champignons pathogènes

Alternaria solani. Botrytis cinereal. Fusarium oxysporum. Monilinia fruiticola. Monilinia laxa. Pythium ultimum. Phytophthora erythroseptica. Phytophthora parasitica. Rhizoctonia solani. Rhizopus stolonifera. Sclerotium rolfsii. Sclerotinia sclerotiorum.

Insectes

Poux. Punaises de lits. Acariens…

Virus

Adenovirus (type7a). Bacteriophage (E. coli). Coxackie A9, B3, & B5. Cryptosporidium. Echovirus 1, 5, 12, & 29. Encephalomyocarditis.

Hepatitis A. HIV. GD V11 Virus. Onfectious hepatitis. Influenza. Legionella pneumophila.Polio virus (Poliomyelitus) 1, 2, & 3. Rotavirus.

Tobacco mosaic. Vesicular Stomatitis…/…Coronavirus (voir communication Faculté de médecine de Nara (Japon).

De nombreuses études scientifiques ont prouvé l’effet destructeur de l’ozone lors de tests avec le virus Sars-Corona, par exemple. Comme la structure du nouvel agent pathogène Covid-19 est très semblable à celles des virus connus, nous pouvons à l’heure actuelle supposer que l’ozone peut également rendre ce virus inoffensif.

Il n’existe actuellement aucun exemple dans le domaine public de stérilisation à l’ozone utilisée pour tuer la souche actuelle de coronavirus, SARS-Cov-2 (nom technique du coronavirus qui cause la maladie de COVID-19). Cependant, il y a des raisons de croire qu’il serait efficace : Pendant l’épidémie de SRAS de 2003, la stérilisation à l’ozone a été utilisée avec succès pour purifier les environnements infectés par le coronavirus mortel, le SARS-Cov-1, le virus qui cause la maladie du SRAS.

Comme le SRAS-Cov-1 fait également partie de la famille des coronavirus, il est fort probable que la stérilisation à l’ozone serait efficace pour tuer le SRAS-Cov-2, le coronavirus qui cause la maladie COVID-19.

Pour en savoir beaucoup plus…

                                             ...sur les virus, les bactéries.

-L'histoire des maladies

L'ancêtre commun de la vie présente aujourd'hui sur Terre est un microbe qui vécut il y a plus de 3.5 milliards d'années. C'était sûrement un organisme très proche de nos bactéries actuelles. Cet être primitif a ensuite évolué pour générer toute la biodiversité actuelle, mais le point de départ existe toujours aujourd'hui.

La menace des maladies infectieuses accompagne l'être humain depuis ses origines. Les petits groupes nomades de chasseurs-cueilleurs n'offraient pas les conditions favorables à l'éclosion de maladies infectieuses qui restèrent des épisodes vite circonscrits et sans gravité. Le faible nombre de groupes et leur disparité ne favorisèrent pas les épidémies. Tout changea au néolithique : passage à la vie sédentaire, établissement dans des villes; la domestication d'animaux favorisa le passage de pathogènes des animaux aux humains.

Avant 1850, pour la grande majorité des médecins, les maladies provenaient de miasmes, sortes de vapeurs toxiques remplies de particules nauséabondes. Ces miasmes étaient susceptibles, disaient-ils, de se développer dans les lieux où l’hygiène laissait à désirer. Charles SÉDILLOT fut le premier, en 1878, à prononcer le mot microbe qui désignait alors les êtres vivants infiniment petits et pathogènes qu’on ne pouvait pas voir à l’œil nu.

Pour cette nouvelle génération de médecins, les maladies se transmettent par l’air mais surtout, par les contacts physiques qui véhiculent des micro-organismes malveillants. D’abord rejetée par la communauté scientifique, cette théorie finit par l’emporter au fil des découvertes successives : le staphylocoque (1878), la typhoïde (1880), la tuberculose (1882), le streptocoque (1883), etc... 

-L'histoire de la découverte des bactéries et virus.

Entre 1347 et 1351, donc en 4 ans, la preste noire tua un tiers de la population mondiale, soit 50 Millions.

Le microscope d'Antoine Van LEEUWENHOEK, de 1676, grossissait 300 fois, permettant la détection d'animalcules qui s'avèreront, vers 1720, être les germes responsables des infections.

Au début du 19ème siècle, SEMMELWEISS proposa aux apprentis médecins devant accoucher des femmes, de se laver les mains avec une solution à base de chlore, surtout s'ils sortaient d'une autopsie sur cadavre.

En 1860 Pasteur, chimiste, pourfendit la théorie des miasmes et démontra que les maladies avaient pour origine des micro-organismes, qui deviendront microbes avec Robert KOCH lequel mit au point la technique de culture bactérienne sur gélose, toujours employée par les scientifiques du monde entier.

En 1930, Martinus BEIJERINCK remarqua que la mosaïque du tabac n'était pas due à une toxine mais à un "contagium vivum fluidum" qu'il nomma "venin" soit virus en latin. Le premier virus humain fut celui de la fièvre jaune, découvert en 1901. Puis la rage (1903), la variole (1906), la polyomyélithe (1908). Vers 1930, l'arrivée du microscope électronique offrit une résolution supérieure aux microscopes optiques. Le chimiste américain Wendell Meredith STANLEY mixa une tonne de feuilles de tabac atteintes de la mosaïque pour en extraire une cuiller à café de poudre blanche et déterminer que ces agents infectieux étaient composés de protéines et d'acides nucléiques.

Au début du 18ème siècle, la Royal Society de Londres reçut un rapport décrivant une pratique (employée depuis très longtemps) contre la variole : on extrayait des pustules d'un patient atteint d'une forme bénigne de la maladie, du matériel qu'on inoculait ensuite via des griffures sur la peau! Le griffé contractait alors ne forme allégée de la variole dont il guérissait et de laquelle il était dorénavant protégé. Défiance de la RSL. Puis l'aristocrate Mary WORTLEY-MONTAGU fut témoin de l'inoculation pratiquée de façon artisanale par les turcs; elle y soumit son fils. Mais cette pratique appelée "variolisation" resta longtemps controversée. Vers 1770, le médecin anglais Edward JENNER mena des expériences rigoureuses et maîtrisées avec la vaccine, forme atténuée de la variole sur les vaches. EHRLICH mit au point en 1920 le premier antibiotique l'arsphénamine ou Salvarsan ou composé 606, contre la syphilis; c'était la première chimiothérapie : traitement d'une maladie précise à l'aide de produits chimiques, sans création de dégâts chez le patient.

Puis vinrent les sulfamides (dérivées du souffre).

Puis, en 1928, Alexander FLEMING découvrit la pénicilline à partir de moisissures.

Avec la découverte des Amériques et les grands voyages autour du monde, les Européens apportèrent des pathogènes, décimèrent des populations non immunisées et rapportèrent à leur tour des germes infectieux.

En 1918, la grippe espagnole vit le jour, à la fin de la première guerre mondiale; en moins d'un an, elle coûta la vie de 50 à 100 millions de personnes…

 

Virus, bactéries

Responsables d'une grande majorité des maladies infectieuses, ils sont minuscules et n'ont été découverts qu'après l'invention du microscope.

Les êtres vivants, en général :

Ils sont définis par 3 caractéristiques fondamentales : capacité à s'organiser, se développer, interagir avec l'environnement de façon autonome en échangeant matière et énergie et se reproduire pour assurer la continuité.

Les cellules :

Les gènes codés dans l'ADN des noyaux des cellules servent à fabriquer des protéines, les principales molécules fonctionnelles du vivant.

L'ADN est le support de l'information héréditaire. Seuls 2 brins d'information complémentaires peuvent s'apparier.

Pour produire une protéine à partir d'un gène, il faut d'abord que l'information codée dans l'ADN soit copiée par un intermédiaire jetable et qui ne sert qu'à ça : l'ARNm (ARN messager). C'est la transcription. Puis la machinerie cellulaire contenant les ribosomes "lit" l'ARNm et traduit son information, ce qui aboutit à la formation de la protéine, une longue chaîne d'acides aminés. Ceci constitue le "dogme central" de la biologie moléculaire.

Les bactéries :

*Les bactéries sont capables de coloniser tous les milieux, y compris les plus extrêmes, comme les pôles ou les déserts. Un nombre considérable vivent ainsi dans nos intestins, notre bouche ou sur notre peau : on estime par exemple à plus de mille milliards le nombre de micro-organismes vivants sur notre peau et les microbes qui la composent sont loin d’être de dangereux nuisibles! Au contraire, en échange du gîte et du couvert, ils assurent un certain nombre de fonctions qui préservent l’organisme : synthèse de la vitamine K, absorption des aliments, digestion de la cellulose, protection contre les nuisibles, etc... 

On estime à un billion les espèces de microbes, en dehors des virus (un seul corps humain contient 38 millions de bactéries..). On a identifié moins de 10 000 d'entr'elles. Et sur ces 10 000 que nous avons identifiées, seules quelques milliers ont été cultivées en laboratoires. 99% de ces espèces nous sont inconnues. La plus grande menace à laquelle nous sommes confrontés se présente sous la forme de super-bactéries impossibles à combattre avec les antibiotiques actuels. Le problème est déjà responsable de milliers de morts par an. On craint la recrudescence de maladies et d'épidémies du passé…

Ce sont des êtres vivants de plein droit; leurs ribosomes sont différents de ceux des autres euraryotes (cellules pourvues d'un noyau). Pour les détruire, les antibiotiques concentrent leur action sur ces ribosomes ou la membrane cellulaire. Elles forment l'une des 3 familles d'organis-mes unicellulaires : archées, bactéries, euraryotes. Taille entre 0.5 et 5 µ. Colonisent tous les habitats.

Les bactéries n'ont pas de noyau cellulaire : l'ADN est en liberté dans le cytoplasme, sous forme d'une chaîne circulaire "le chromosome bactérien"; il existe aussi d'autres chaînes d'ADN circulaires appelées "plasmides" et qui complètent le chromosome bactérien (c'est les plasmides qui leur offrent la résistance aux antibiotiques). Elles ont une paroi cellulaire résistante formée de sucres complexes. Les bactéries infectent les tissus. Elles sont observables au microscope optique. 

Les bactéries échangent du matériel génétique :

-par conjugaison [les bactéries émettent une structure filamenteuse, le pili qui forme un pont qui permet le transfert (par duplication de sorte que la donneuse conserve ses propriétés et les confère à la receveuse qui reçoit de nouveaux gènes) du matériel génétique]

-par transformation qui permet d'absorber de l'ADN exogène par les pores de leur enveloppe. En 2018, à l'Université de l'Indiana, on a pu filmer une bactérie "Vibrio Cholerae" en train de "pêcher" de l'ADN libéré par d'autres cellules de la même espèce, au moment de sa mort. Au travers d'un de ses pores, la bactérie émet un "pilus", trouve un fragment d'ADN double brin, puis rétracte le pilus dont le diamètre interne correspond à celui du brin d'ADN plié en 2…

Les super-bactéries pullulent dans les hôpitaux : la résistance aux antimicrobiens est un phénomène naturel, les bactéries se multiplient et, au cours de leur prolifération, des mutations apparaissent dans la population, comme dans n'importe quel autre être vivant. Le hasard veut parfois que l'un de ces changements génétiques confère à la cellule la capacité d'échapper à l'action d'un médicament. En proliférant, elles transmettent cette capacité à leur descendance ce qui finira par étendre la résistance à toute la population. Les bactéries mutent à une fréquence élevée; 20' séparent 2 générations…

Sans oublier que l'usage d'antibiotiques peut entraîner l'élimination des populations de bactéries bénéfiques à notre corps.

Les virus :

Les virus restent une menace constante pour l'éclosion d'épidémies ou de pandémies sans que nous ne disposions d'armes assez spécifiques et efficaces pour les combattre. La capacité des virus à muter et à évoluer rapidement pour sauter d'une espèce à une autre, leur adaptation à des réservoirs animaliers et à utiliser des vecteurs de transmission comme les insectes posent des défis considérables à la science. Les scientifiques nous préviennent : l'apparition d'une pandémie d'ampleur mondiale est plus que probable; ils soulignent que la plupart des agents viraux nous sont aujourd'hui inconnus.

En 2014, on trouva en Sibérie le plus gros virus connu : Pithovirus Sibericum. On constata alors qu'après 30000 ans de congélation, il restait capable d'infecter!!! Un an avant, ces scientifiques avaient découvert Pandoravirus doté d'un génome plus grand que les bactéries : seuls 7% des gènes de ce virus ressemblaient à d'autres décrits et documentés…93% de son génome était différent de tout ce que l'on connaissait jusqu'alors : nous commençons tout juste à érafler la surface du monde microbien…

Le réchauffement climatique permettra à beaucoup de virus inconnus aujourd'hui de renaître.

En 2014, la fièvre hémorragique mortelle que provoque Ebola alerta la planète entière; puis en 2015, Zika qui entraîne de graves malforma-tions chez le fœtus; puis de nouvelles variantes de notre grippe ont suscité l'inquiétude des autorités sanitaires; aujourd'hui, leur propagation est facilitée par les nombreux déplacements de la population mondiale, les transfusions sanguines, les greffes d'organes, la consommation mondiale de viandes d'animaux sauvages, le vieillissement croissant de populations vulnérables aux infections!

Rien de tout ça ne s'applique aux virus. Deux des caractéristiques fondamentales des êtres vivants leur manquent : pas de métabolisme et pas de structure cellulaire.

Les virus infectent les cellules; ils doivent se servir de ses composantes pour se répliquer et se multiplier. Pour les éradiquer, il faut trouver des processus du cycle reproductif qui appartiennent exclusivement aux virus et qui puissent être bloqués sans affecter les fonctions cellulaires!

Les virus qui infectent des bactéries sont les bactériophages. Les virus ne sont observables qu'au microscope électronique.

Ils sont plus abondants que les bactéries; nous ne connaissons qu'une infime partie de la virosphère. Certains, dits nus, ne sont constitués que d'une capside de protéines et de leur matériel génétique; d'autres possèdent en plus une enveloppe lipidique. Parfois l'ARN remplace l'ADN dans certains virus. Dans ce cas, l'ARN peut se composer de 2 brins, ou d'un seul.

Dans le cas d'un seul brin, si l'ARN viral peut être traduit directement en protéine, il est "de polarité positive". Sinon, il est "de polarité négative". Le type de génome détermine donc le mode de réplication des virus et permet l'élaboration de médicaments spécifiques.

Le rôle des virus dans le réseau biologique de la Terre est indéniable puisqu'ils sont responsables de la plupart des maladies des plantes, des animaux et des êtres humains. Nous en connaissons 2000 espèces différentes. 

Dépourvus de structure cellulaire, ils ont cependant une information génétique contenue dans leurs acides nucléiques qui peut être copiée puis transmise à leur descendance. Ils ne peuvent métabomiser pour produire de l'énergie et se reproduire, donc ils en privent leurs hôtes et se comportent comme des parasites. Ils peuvent infecter les bactéries, archées, protozoaires, champignons, plantes et animaux.

Les virus "nus" sont stables car leur couverture forme un agrégat protéique compact, résistant à la dessiccation, aux variations de température et aux agents chimiques comme certains détergents. Ex, ceux de la polyo, rhume commun, papillomes…

Les virus à enveloppe sont principalement animaux. Ils volent leur membrane aux cellules qu'ils quittent. Elle est constituée d'une double membrane lipidique.

Les virus sont les seules entités biologiques dont le matériel génétique peut-être de l'ARN violant au passage le dogme central de la biologie moléculaire.

-Les virus avec un ADN double brin (groupe 1) suivent le processus normal du dogme central.

 (adénovirus, herpès, variole…)

-Le groupe 2 comporte des ADN simple brin (impliquant une réplication intermédiaire pour créer le double brin). (parvovirus, parvovirose canine)

-Le groupe 3 comporte les ARN double brin (impliquant une synthèse intermédiaire d'ARN pour créer l'ARNm). (réovirus et birnavirus : maladies gastro-intestinales)

-Le groupe 4 est constitué d'ARN simple brin à polarité positive (picornaviridae de la polyomyélite et du rhume commun)

-Le groupe 5 à polarité négative est constitué de virus à ARN simple brin, à polarité négative (grippe, rougeole, rage, oreillons…)

-Le groupe 6 comporte des virus à ARN qui insèrent leur génome dans celui de la cellule hôte pour que leurs gènes soient traités comme s'il s'agissait de ceux de la cellule! Leur fonctionnement leur permet de rester longtemps latent, cachés dans le génome cellulaire. Ex : les rétrovirus, le plus courant étant le virus du SIDA.

-Le groupe 7 comporte des virus double brin d'ADN  qui ont besoin d'une étape intermédiaire de synthèse d'ARN pour se répliquer, comme celui de l'hépatite B

 

Les 4 étapes fondamentales du cycle de reproduction d'un virus sont :

-la reconnaissance et l'entrée dans la cellule

-la libération du matériel génétique à l'intérieur

-la réplication du génome et l'expression des gènes nécessaires à la synthèse des gènes viraux

-le compactage de nouveaux virons et leur sortie de la cellule.

 

Les virus sont les grands gagnants du jeu de l'évolution : ils sont experts en capacité d'adaptation et se servent de la machinerie de leur hôte pour se multiplier; donc, toute attaque contre eux constitue une agression contre l'hôte! Cohabitant avec nous depuis des millénaires, ils ont développé des mécanismes pour échapper à notre système immunitaire…Ils se multiplient rapidement et produisent une infinité de copies à chaque réplication ce qui leur permet de générer un grand répertoire de variation s biologiques. Lors de la réplication, les erreurs de copie sont 1000 fois supérieures dans les virus à ARN que dans les virus à ADN faisant des premiers les êtres dotés du plus fort taux de mutation, donc de variabilité, de la nature.

Ils évoluent hyper-vite grâce à 2 mécanismes :

-capacité à produire de petits changements dans leur génome. Ainsi le SI attaque le virus initial mais ne reconnaît pas le nouveau

-la recombinaison de gènes d'origines différentes : si dans une cellule de cochon se retrouvent les virus d'une grippe humaine et d'une grippe aviaire, elles échangent une partie de leur génome produisant de nouveaux virus responsables de pandémies…

Nous disposons de nombreux antibiotiques pour combattre les bactéries; mais il n'existe pas de traitement anti-viral universel.

Les coronavirus :

C'est de leur couronne de protéines, observable en microscopie électronique, que vient le nom des coronavirus (CoV), une immense famille de virus, dont certains infectent différents animaux, d'autres l'Homme.  S'ils sont habituellement bénins, à l'origine de rhumes qui guérissent spontanément, il arrive qu'ils acquièrent de nouvelles propriétés dont on se passerait bien... Jusqu'en 2002, les coronavirus n'étaient vu comme un problème que pour les personnes immunodéprimées et les nourrissons, susceptibles de développer des complications respiratoires de type pneumonie en cas d'infection. Pour les autres, au pire des cas, c'était paracétamol et mouchoirs!

Et puis il y a eu le Sars-CoV, un nouveau coronavirus apparu en Chine, qui a non seulement acquis le super pouvoir de se transmettre de l'animal à l'Homme puis d'Homme à Homme, mais aussi celui de déclencher une détresse respiratoire aigüe, voire le décès des personnes infectées. En 2012, rebelote avec Mers-CoV, apparu cette fois-ci en Arabie Saoudite. Un troisième coronavirus agressif et transmissible à l'Homme a émergé en Chine mi-décembre 2019. Il s'agit d'un proche cousin du Sars-CoV, baptisé Sars-CoV2. La maladie qu'il entraîne est quant à elle nommée Covid-19. Il reste à ce jour de nombreuses inconnues quant à la biologie de ce virus, et il n'existe pas encore de traitement spécifique pour les patients atteints de Covid-19. Mais la recherche est mobilisée pour accélérer la production de connaissances, de solutions pour ralentir la propagation de l'épidémie en cours et, évidemment, de traitements.

Le Covid-19 :

La maladie Covid-19 est une maladie dite infectieuse transmise par l’animal et causée par la souche de coronavirus dénommée SARS-CoV-2. La contamination se manifeste par un certain nombre de symptômes (fièvre, toux, …) et la maladie peut conduire à l’apparition d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Une perte brutale d’odorat (appelée anosmie) ou de goût (appelée agueusie) ont également été observée. Le SARS-CoV-2 présente des formes variées allant du rond à l’ovale. Il possède un diamètre moyen de 67 nm (ce qui fait de lui un virus de taille importante) Son génome est composé d’un ARN (Acide Ribo-Nucléique) d’environ 30000 nucléotides (élément de base de l’ADN ou de l’ARN). Ce virus est à 50% identique à celui du MERS-CoV, à 79.5% identique à celui du SARS-Cov, à 91% identique à un coronavirus présent chez une espèce de pangolin et à 96% identique à un coronavirus présent chez une chauve-souris rhinolophe (genre de chauve-souris). Le mécanisme infectieux du virus n’est pas encore totalement compris.

Les prions :

Les prions sont des "agents transmissibles non conventionnels" (ATNC). Non doté de matériel génétique, le prion n’est ni une bactérie, ni un virus, mais une protéine pathologique. Celle-ci est de configuration anormale car mal repliée, ce qui la rend infectieuse. Les prions sont notamment responsables de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou maladie de la vache folle) et de la maladie de Creutzfeldt–Jakob dont il existe plusieurs formes. Parmi celles-ci figure une variante de la maladie de Creutzfeldt–Jakob qui survient chez des sujets jeunes et qui est due à une infection alimentaire par ingestion de viande bovine contaminée.

Chronologie d'un désastre

 

La mutation D614G a transformé le SARS-CoV-2 en Covid-19.

D614G correspond à un minuscule changement dans un acide aminé de la protéine Spike présente à la surface de SARS-CoV-2, assemblée en trimères qui lui donnent son aspect si caractéristique. Ce changement d'acide aminé est la conséquence d'une mutation dans la région du génome qui code pour la protéine S. Cette mutation n'a été détectée que fin Janvier 2020 en Chine et en Allemagne et le 20 Février en Italie. C'est la protéine S qui permet au virus de se fixer sur le récepteur membranaire ACE2 de la cible puis de l'infecter et de s'y reproduire. Et c'est sur cette protéine que se focalisent les vaccins et médicaments actuels. Il aura suffi du simple changement d'une seule lettre dans la séquence génétique de cet acide aminé pour faire de SARS-CoV-2 le tueur responsable de plus de 3,4 millions de morts (au 26/05/2021) au plan mondial! Ce simple changement a offert au Covid-19 sa résistance aux anticorps neutralisants. Dans cet acide aminé, en position 23403 des 29903 lettres (ou nucléotides) dont l'ARN du SARS-CoV-2 est composé, l'Adénine (A) a été remplacée par la Guanine (G)…

SARS-CoV-2 a le plus long des génomes des virus à ARN connus. De ce fait, les erreurs de copie (ou mutations) y sont plus fréquentes.

À Wuhan, trois "variants" de SARS-CoV-2 ont circulé mais c'est le variant porteur de la mutation D614G qui s'est finalement imposé car des personnes porteuses de cette souche virale ont ensuite voyagé loin de l'épicentre de la pandémie. Il a été démontré que la mutation D614G augmente considérablement la capacité du virus à infecter les cellules cibles, même si cette variante n'explique probablement pas tout.

30 novembre 2017

Après avoir étudié durant cinq ans les chauve-souris d’une grotte de Yunnan, et leurs coronavirus, l’institut de virologie de Wuhan estime que leur re-combination est possible et invite à se préparer à l’apparition de nouvelles maladies.

16 décembre 2019 

Une femme est admise pour une pneumonie à Wuhan. Face à l’évolution de son état de santé, l’hôpital fait procéder à des examens de laboratoire, qui concluent à un virus de la famille du SRAS.

21 décembre 2019

Des analyses sont lancées sur quatre cas de pneumonie virale suspects. Les échantillons ainsi obtenus sont utilisés pour cloner et analyser le génome de l’agent infectieux. Dans les jours qui suivent, les hôpitaux de Wuhan voient arriver plus d’une vingtaine de nouveaux cas. Les deux tiers d’entre eux sont liés directement (marchande) ou indirectement (facteur) au marché aux fruits de mer de Huanan, où s’achètent des animaux sauvages pour la consommation. Les premières rumeurs sur les réseaux sociaux font état d’une épidémie née de ce marché, et déconseillent de s’y rendre.

27 décembre 2019

VisionLabs, un laboratoire de Guangzhou, commence à séquencer le virus à partir d’échantillons d’un livreur du marché aux animaux sauvages de 65 ans, atteint de la maladie. Il découvre que celui-ci s’apparente au SARS-CoV, le virus du SRAS, apparu en 2002. Le laboratoire aura ordre de détruire ces échantillons, dans un contexte de tensions entre Pékin et les autorités locales de Wuhan.

27 décembre 2019

Le virus est parfaitement inconnu de l'Occident, mais des patients sont hospitalisés pour des pneumonies graves. L'un d'eux, un poissonnier de Bobigny, est admis le 27 décembre aux urgences de l'hôpital Jean Verdier de Bondy. Des analyses rétrospectives montreront que ses symptômes et ses analyses biologiques s'apparentent à ceux observés chez les malades du Covid-19, indice que le virus circule déjà en France. Et ce, même si son rétablissement très rapide, en seulement deux jours, ne colle pas avec le tableau clinique habituel de la maladie.

30 décembre 2019

Ai Fen, directrice du département des urgences de l’hôpital central de Wuhan, transmet les analyses des poumons du premier patient à ses collègues. L’un d’eux, l’ophtalmologue Li Wenliang, les transfère à une centaine de médecins sur WeChat, en évoquant 7 cas de virus de type SRAS à Wuhan. Parmi les lecteurs de cette conversation, Gao Fu, le directeur du Centre chinois de détection des nouvelles maladies, prend ainsi connaissance de l’existence d’un foyer à Wuhan. Li Wenliang mourra du Covid-19 le 7 février.

31 décembre 2019

Les autorités sanitaires de Wuhan, Pékin et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèlent au grand public l’existence d’une épidémie de pneumonie virale d’origine inconnue. Elles évoquent 27 cas, dont 7 graves. Le nombre de contaminés est alors en réalité d’au moins 266, selon un rapport postérieur des autorités chinoises relayé par le South China Morning Post. Dès le 1er janvier, le marché aux fruits de mer de Huanan, à Wuhan, est fermé. Mais cela n’arrête pas l’épidémie. Le même jour, le propriétaire d’une clinique privée ayant soigné plusieurs malades, mais qui n’a pas été au marché de Huanan, est admis à l’hôpital de Wuhan – indice possible de la contagiosité du virus. Cette information cruciale n’est pas partagée. L’OMS, se fiant aux affirmations du gouvernement chinois, rapportera le 12 janvier que, "à ce stade, […] il n’y a pas de preuve évidente de transmission interhumaine".

9 janvier 2020

Premier décès d’un malade du Covid-19. Hospitalisé depuis le 27 décembre, un client régulier du marché de Huanan meurt. Son décès est rendu public deux jours plus tard.

10 janvier 2020

La saison touristique des fêtes du Nouvel An chinois, considérée comme le plus grand exode annuel au monde, commence. Le gouvernement chinois prévoit 3 milliards de déplacements d’ici à la fin des fêtes de printemps, le 18 février. Un événement d'une importance culturelle et économique majeure, à tel point que les autorités rechignent alors à imposer des mesures de distanciation physique.

20 janvier 2020

Le pneumologue Zhong Nanshan, responsable de la découverte du SRAS, révèle que le nouveau virus est transmissible entre humains. Le lendemain, les 56 millions d’habitants de la région du Hubei sont placés en confinement pour enrayer la progression de l’épidémie. Sur les réseaux sociaux commencent à fleurir des vidéos angoissantes d’habitants appelant à l’aide par leurs fenêtres, ou emportés de force par des employés municipaux en combinaison intégrale.

30 janvier 2020

L’Organisation mondiale de la santé qualifie l’épidémie d’urgence de santé publique. Trop tardivement, estiment de nombreux scientifiques, face aux découvertes alarmantes qui s’accumulent. Les chercheurs du CDC de Guangdong, après étude des 839 premiers cas confirmés, concluent que le nouveau virus a une contagiosité élevée et un potentiel pandémique plus important que le SRAS de 2002-2003. Dans le même temps, une étude menée par trois chercheurs en épidémiologie hongkongais, se basant sur un taux de contagiosité de 2,68 personnes par malade, estime que 75 815 personnes ont été contaminées rien qu’à Wuhan, soit près de 100 fois le bilan mondial officiel de l’épidémie. De son côté, une équipe allemande obtient la preuve que les malades en phase d’incubation sont contagieux, rendant la traque du virus encore plus difficile.

14 février 2020

L'Afrique rapporte à son tour son premier cas. Le ministère de la santé égyptien annonce avoir détecté un malade du Covid-19 sur son territoire. Il s'agit du premier cas en Afrique. Le continent restera durant toute la pandémie un important angle mort, avec un bilan humain relativement faible. Parmi les différentes hypothèses qui seront avancées : une démographie jeune, donc moins vulnérable au virus ; une densité de population moins importante ; moins d'échanges aériens avec les nations les plus touchées ; mais aussi un système de santé moins à même d'identifier les patients atteints du Covid-19.

15 février 2020

Une messe à Mulhouse propage le virus en France .Alors que la France vient d’enregistrer la veille son premier décès lié au Covid-19, une manifestation religieuse rassemble 2 000 personnes à Mulhouse, point de départ de contaminations en série partout sur le territoire français. De la Corse à la Guyane, des Hautes-Alpes à la Normandie et à l’Ile-de-France, les cas d’infections se multiplient dans les jours qui suivent parmi les fidèles ayant participé à ce rassemblement. Leur suivi sera quasi impossible. Comme le révèlera deux jours plus tard l’analyse des échantillons des 565 Japonais rapatriés de Wuhan, près de 41,6 % des malades du Covid-19 ne présentent aucun symptôme.

9 mars 2020

Effondrement boursier en Europe, l’Italie confinée Alors que l’épidémie a franchi le cap des 100 000 contaminés selon l’OMS, les Bourses européennes s’effondrent. A Paris, le CAC 40 perd 8,39 %, sa plus lourde chute depuis 2008. A Francfort, la Bourse plonge de 7,94 %, sa plus forte baisse depuis le 11 septembre 2001. Depuis le début de l’année, les grandes places européennes ont perdu entre 18 et 20 %. Le lendemain, l’Italie entière passe en confinement, une première mondiale. Dans la foulée, l’OMS parle désormais de pandémie.

17 mars 2020

Alors que l’épidémie progresse, Emmanuel Marcon annonce le 17 mars une stricte restriction des déplacements pendant au moins quinze jours (jusqu’à la fin mars) et dévoile un arsenal de mesures d’une radicalité inédite, sans jamais prononcer le mot "confinement". "Nous sommes en guerre", répète-t-il à six reprises. Le second tour des municipales, prévu le 22 mars, est finalement reporté au mois de juin.

19 mars 2020 

L’Italie devient le pays le plus touché en nombre de mortsAvec 3 405 décès, le bilan humain officiel de l’épidémie en Italie dépasse celui de la Chine, même si ce dernier est régulièrement suspecté d’être très sous-évalué. Symboliquement, l’Europe devient le nouveau foyer principal de l’épidémie.

26 mars 2020

Explosion de la pandémie, les Etats-Unis frappés de plein fouetLe nombre de cas confirmés a été multiplié par cinq en trois semaines, selon l’OMS. Les Etats-Unis deviennent le pays le plus touché en nombre de cas, avec un foyer majeur à New York. Le nombre de nouveaux demandeurs d’emploi aux Etats-Unis fait un bond inédit de plus de 3 millions de personnes. Il n’avait jamais dépassé 700 000 inscriptions en une seule semaine.

2 avril 2020

La moitié de l’humanité est invitée à se confiner. Selon les chiffres de l’OMS, forcément incomplets au vu de la difficulté de tester tous les cas suspects, la pandémie a dépassé le million de malades et les 50 000 morts à l’échelle mondiale.

8 avril 2020

L’OMC prévoit la plus grande crise de son histoire. Alors que la ville de Wuhan commence à lever les mesures de confinement, les économistes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) prédisent une chute du commerce mondial de marchandises historique, comprise entre 13 % et 32 % en 2020.

14 avril 2020

Le FMI annonce une récession mondiale historique. Dans ses perspectives sur l’économie mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une contraction de 3 % du produit intérieur brut (PIB) de la planète en 2020, en prenant l’hypothèse d’une diminution de la pandémie de Covid-19 au second semestre de cette année. L’éventualité d’une chute encore plus brutale en 2021 n’est pas exclue. Tous les continents sont concernés. Le chômage pourrait augmenter de 40 % cette année dans la zone euro et tripler aux Etats-Unis.

5 mai 2020

Le Royaume-Uni devient le pays européen le plus endeuillé. Selon les chiffres officiels de Londres, le Royaume-Uni devient le premier pays européen à passer la barre des 30 000 décès. Un bilan dramatique, relevé à 40 000 morts à peine une semaine plus tard. Il s'agit désormais du pays européen qui connaît le pire bilan en nombre de morts, et le second au niveau mondial.

6 mai 2020

Le produit intérieur brut de l’Union européenne devrait chuter de 7,4 % en 2020, avant de remonter de 6,1 % en 2021. L’Espagne et l’Italie, particulièrement touchées par la pandémie, devraient connaître une récession de plus de 9 %. Davantage épargnée par le virus, mais dénuée de trésorerie pour soutenir son économie, la Grèce sera l'autre grande victime, estime la BCE.

2 juin 2020

Le déconfinement se poursuit en France, l'économie souffreAlors que les chiffres de l'épidémie s'améliorent en France, le gouvernement amplifie le déconfinement, avec la réouverture des bars, restaurants, écoles et collèges, lieux de culture… mais aussi le la.  de 11 % du PIB attendue en 2020.

 

L'hôte et la contagion

Un virus infecte toujours un hôte spécifique. C'est une différence essentielle avec les bactéries.

En principe seulement car les virus ont cette propriété d'enfreindre cette loi en permanence : en s'adaptant si nécessaire.

Ainsi il existe 5 classes de virus :

-Stade 1 : transmission inter-animale strictement,

-Stade 2 : """""""""""""""""" et animal-homme par infection primaire (sans infection homme-homme ensuite),

-Stade 3 : """""""""""""""""""""""""""""""(avec quelques rares cas d'infection secondaire : ex Ebola),

-Stade 4 : """"""""""""""""""""""""""(fréquentes infections secondaires : ex grippe),

-Stade 5 : transmission exclusivement humaine (variole, rougeole, rubéole, oreillons…).

Les transmissions se font :

-par contact de fluides corporels,

-par la proximité via l'air,

-par contact indirect (via vêtements, seringues…),

-par contacts avec des animaux malades (grippe transmise par la manipulation de poulets ou de porcs infectés)

-par zoonose, entre 2 sujets d'un même genre (homme et chauve-souris, chats ou chiens…),

-par vecteurs entre genres différents : hommes et moustiques, tiques et puces par exemple.

La dynamique de l'infection

Les bactéries infectent un tissu; les virus doivent entrer dans la cellule.

Une fois que le virus a pénétré, il met en œuvre ses mécanismes biologiques pour se reproduire.

Pour franchir la barrière de la membrane, il se fixe à une protéine (le récepteur), y provoque les changements chimiques, entre et se multiplie. Chaque virus infecte un récepteur distinct.

La période d'incubation entre l'infection et les premiers signes peut aller de plusieurs heures (grippe) à plusieurs années.

Les armes naturelles contre les infections :

Notre système immunitaire et les médicaments.

-le système immunitaire inné (ou naturel) : barrière physique (peau, muqueuses), chimiques (sécrétions corporelles) et surtout les macrophages répartis dans tout l'organisme (tissus, système circulatoire) et agissant comme des sentinelles. Elles phagocytent l'intrus, assistées par les NK ou "Natural Killer" le tout, sous le contrôle des cytokines (produits chimiques qui déclenchent l'alerte générale). Cette première armée est complémentée par un ensemble de protéines du sang activées par une cascade de signaux chimiques; ils se fixent aux pathogènes et en brisent la membrane. Le système immunitaire inné déclenche une réponse généralisée de signaux chimiques et de cellules de défense pour éliminer les micro-organismes.

-le système immunitaire acquis (ou adaptatif) se différencie du premier par sa capacité de mémorisation. Il n'attaque pas de façon générale mais son action est ciblée par reconnaissance des molécules ennemies appelées antigènes. Il peut reconnaître des milliers d'antigènes différents par leur structure moléculaire. Et il garde la mémoire des infections passées.

Un pathogène rencontre un lymphocyte B dont la surface est truffée d'anticorps antagonistes (antigènes), comme une clé et une serrure. Le lymphocyte B se différencie alors de nombreuses cellules plasmatiques qui vont produire de grandes quantités d'anticorps spécifique qui vont "fixer" les pathogènes pour faciliter leur destruction par phagocytose. Une partie des cellules plasmatiques va aussi se transformer en cellules à mémoires pour répondre rapidement à une mise en contact future avec l'antigène concerné! C'est la réponse "humorale".

La seconde réponse, dite "cellulaire", organise l'intervention des macrophages qui brisent les antigènes et les exposent à la surface du pathogène facilitant leur reconnaissance par les lymphocytes T qui vont détruire la cellule infectée et émettre des signaux chimiques d'alerte. Là aussi, une partie des lymphocytes T se convertira en cellules à mémoire.

Se constitue ainsi un "répertoire immunitaire" qui se consolide à mesure que le système immunitaire se développe.

La science contre les microbes :

Vaccins (qui exploitent la capacité de mémorisation du système immunitaire) et antibiotiques (médicaments initialement découverts dans la nature et dotés d'une action anti-bactérienne). Les virus leur opposent leur extraordinaire capacité de mutation en modifiant les antigènes présentés en surface; ce qui va demander du temps supplémentaire d'organisation au système immunitaire. Ce dernier finira par le vaincre; mais ce temps supplémentaire permettra de présenter de nouvelles variantes auxquelles le SI n'est peut-être pas préparé et là…

Dans cette course folle sans fin, nanoparticules (qui bloquent le cycle de reproduction des virus) et IA pourront nous aider.

Virome global:

But : découvrir les virus inconnus, présents dans la faune sauvage. Rongeurs, chauves-souris et singes (notamment) abritent des quantités colossales de virus inconnus. Au moins 700 000 pourraient infester l'être humain. Plus la diversité animale est grande, plus il existe de nouveaux virus.

Pour en savoir beaucoup plus...

                                          …sur la menace des nouvelles épidémies…

Collaboration franco chinoise :

En 2003, le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère frappe la Chine. Le pays a besoin d’aide. Le président Jiang ZEMIN, dont le mandat s'achève, est un ami du Docteur CHEN ZHU. Ce Shanghaïen francophile a été formé à l'hôpital Saint-Louis, dans les services d’un proche de Jacques CHIRAC, le professeur DEGOS. Lorsque Hu JINTAO succède à Jiang ZEMIN, Jean-Pierre RAFFARIN va rencontrer le médecin. Puis, en octobre 2004, lors d'un voyage à Pékin, Jacques CHIRAC scelle une alliance avec son homologue chinois. Les deux pays décident de s’associer pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes. Ce partenariat semble d’autant plus nécessaire qu'un autre virus, celui de la grippe aviaire, le H5N1, vient frapper la Chine. De là va naître l’idée de construire à Wuhan, en collaboration avec la France, un laboratoire de type P4. Autrement dit, de très haute sécurité biologique pour l'étude de virus pathogènes inconnus pour lesquels on n'a pas de vaccin. Il existe une trentaine de ces structures dans le monde, dont certaines sont labellisées par l'OMS. Mais le projet provoque des résistances. D’abord, des experts français en guerre bactériologiques se montrent réticents. Nous sommes dans l’après 11 septembre. Le SGDSN (Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale) redoute qu’un P4 puisse se transformer en arsenal biologique.

À cela s’ajoute un autre grief de la part de la France. La Chine refuse de lui préciser ce que sont devenus les laboratoires mobiles de biologie P3 qui avaient été financés par le gouvernement RAFFARIN après l'épidémie de SRAS. "Les Français ont été un peu refroidis par le manque de transparence des Chinois", explique Antoine IZAMBARD, auteur du livre Les liaisons dangereuses. "Leurs explications sont restées opaques sur l'utilisation qu'ils pouvaient faire de ces P3. Certains dans l'administration française pensaient donc que la Chine ferait sûrement un usage similaire du P4. Cela suscitait énormément de craintes".

En 2015, Alain Mérieux quitte la coprésidence de la Commission mixte qui supervisait le projet. À l’époque, il raconte au micro de Radio France à Pékin : "J'abandonne la coprésidence du P4 qui est un outil très chinois. Il leur appartient, même s’il a été développé avec l’assistance technique de la France." Mais il ne s’agit pas pour autant de couper tous liens. "Entre le P4 de Lyon et le P4 de Wuhan" précise-t-il, "nous voulons établir une coopération étroite. En Chine, il y a beaucoup d'animaux, l'aviculture, les problèmes de cochons, qui eux-mêmes sont des transporteurs de virus. Il est impensable que la Chine n'ait pas un laboratoire de haute sécurité pour isoler des germes nouveaux dont beaucoup sont d'étiologie inconnue".

La mise en exploitation du labo a lieu en janvier 2018. Elle coïncide avec la première visite d'Etat d’Emmanuel Macron à Pékin.

Résumé : il y a une trentaine de labos P4 au monde, preuve de la reconnaissance de l'augmentation constante du nombre d'épidémies et de

                 l'urgence de leur trouver des parades. 

 

 

Qu'est-ce qu'une maladie émergente :

Décrites en 2006, les maladies émergentes sont des infections nouvelles, causées par l'évolution ou la modification d'un agent pathogène ou d'un parasite existant. Le caractère "nouveau" de la maladie se traduit par exemple par un changement d'hôtes, de vecteur, de pathogénicité ou de souche. Selon un rapport de 1997 de l'OMS, les maladies émergentes sont responsables de 33 % des décès dans le monde.

Résumé : les maladies émergentes nous menaceront de plus en plus.

 

Qu'est-ce qu'une zoonose?

Une zoonose est une maladie infectieuse ou parasitaire transmissible d'un animal vertébré (chien, vache, poule, cochon...) à l'Homme. Plus des deux tiers des maladies émergentes sont des zoonoses, c’est-à-dire des maladies dont le réservoir de l’agent infectieux est un animal; parmi ces zoonoses, la majorité provient d’animaux sauvages.

Résumé : les micro-organismes pathogènes passent facilement de l'animal à l'homme.

 

Quelles sont les origines, les causes probables des nouvelles pandémies?

Jadis, les ports, aéroports et détroits étaient les portes d'entrée des nouvelles maladies, les portes d'entrées de nouvelles espèces porteuses de nouveaux germes ou pathogènes.

-Le développement des infrastructures humaines et en particulier des routes, barrages et activités minières, agit comme facilitateur de zoonoses. Elles contribuent à les transformer en épidémie. "Plus une région est connectée, en termes de quantité d'infrastructures et en termes de nombre de mouvements, à longue (voies aériennes ou maritimes) et courte distance (routes ou cours d'eau), plus elle peut jouer un rôle de diffuseur de pathogènes émergents à potentiel épidémique et pandémique, et elle-même être la cible d'une épidémie", rapportent les scientifiques.

-La richesse et la diversité des espèces jouent un rôle protecteur dans la propagation des agents pathogènes; il existe un lien réel entre les pertes de biodiversité et l’émergence de nouvelles maladies infectieuses épidémiques. Pour le Comité français de l’UICN comme pour ces chercheurs, la destruction des habitats naturels, le commerce et la consommation d’animaux sauvages exotiques et les perturbations de toutes sortes imposées aux écosystèmes par les activités humaines, engendrent des déséquilibres écologiques importants qui créent de plus en plus de possibilités de passage des micro-organismes issus de la faune sauvage vers les humains.

-Comme d’autres épidémies majeures survenues ces dernières années (SRAS, MERS, Sida, Ebola…), ce sont encore une fois les activités humaines et leurs impacts sur l’environnement qui sont pointées du doigt dans la propagation du nouveau virus de type SARS-CoV. Parti d’un marché commercialisant des animaux sauvages à Wuhan en Chine, le pathogène est vraisemblablement issu d’une recombinaison virale impliquant plusieurs hôtes sauvages, parmi lesquels des chauves-souris et des pangolins. Illustrant la pression des trafics sur la faune, ces derniers figurent au rang des animaux les plus braconnés au monde. Malgré le classement des huit espèces de pangolins parmi les espèces menacées de la Liste rouge de l’UICN et leur inscription à l’annexe 1 de la convention de Washington (CITES) interdisant leur commerce international, ces animaux sont victimes d’intenses trafics pour leur viande et leurs écailles, avec une estimation de plus de 200 000 individus braconnés chaque année dans le monde.

-La destruction des milieux naturels à un rythme accéléré : 100 millions d’hectares de forêt tropicale coupés entre 1980 et 2000; plus de 85 % des zones humides supprimées depuis le début de l’époque industrielle. Ce faisant, nous mettons en contact des populations humaines, souvent en état de santé précaire, avec de nouveaux agents pathogènes. Les réservoirs de ces pathogènes sont des animaux sauvages habituellement cantonnés aux milieux dans lesquels l’espèce humaine est quasiment absente ou en petites populations isolées. Du fait de la destruction des forêts, les villageois installés en lisière de déboisement chassent et envoient de la viande contaminée vers des grandes villes. C’est ainsi qu’Ebola, par exemple, a trouvé son chemin vers les grands centres humains. Ce que l’on appelle la viande de brousse est même exporté vers d’autres pays pour satisfaire la demande d’expatriés et étend ainsi le risque sanitaire très loin des zones d’endémie.

-Nous chassons sans vergogne des espèces exotiques et sauvages pour des raisons sottement récréatives : attrait du rare, repas exotiques, pharmocopées naïves, etc. Le commerce des animaux rares alimente les marchés et permet la contamination des grands centres urbains. L’épidémie du SRAS (syndrome respiratoire aiguë sévère) était advenue du fait ce type de circonstances, par la proximité entre chauve-souris, carnivores et consommateurs humains crédules. Déjà, en 2007 un comité scientifique déclarait : "La présence d’un réservoir important de virus de type SARS-CoV dans les chauves-souris Rhinolophidae combiné avec l’élevage pour la consommation de mammifères exotiques dans le sud de la Chine est une bombe à retardement". Cette bombe à retardement semble avoir explosé en novembre 2019 avec le Covid-19…Les contacts humains avec les animaux d’élevage et sauvage se multiplient, dans un monde globalisé, ce qui augmente le risque de diffusion des maladies émergentes. Selon les premières analyses génétiques du SARS-CoV2, le virus issu d’une chauve-souris a nécessité un hôte intermédiaire pour acquérir, par recombinaison et mutation, la capacité d’infecter les humains. Parmi les pistes retenues dans la recherche de l’hôte intermédiaire : le pangolin, une espèce en voie d’extinction, très braconnée.

Ces agents infectieux se spécialisent sur une espèce. Ils ne peuvent pénétrer notre corps, vaincre notre système immunitaire, pénétrer et utiliser nos cellules, comme dans le cas des virus. Les trafics mettant en présence divers animaux permettent aux agents infectieux portés de muter puis de franchir la barrière entre espèces, comme cela a été le cas pour le SRAS et comme cela semble être peut être le cas pour le Covid-19.

-Les circonstances de l’émergence de ces nouvelles maladies peuvent être encore plus complexes. C’est ainsi que les virus du Zika ou de la dengue sont transmis par des moustiques exotiques transportés par les humains par le biais du commerce international dans le monde entier. Le commerce de pneus usagés dans lesquels de l’eau s’accumule et permet aux larves aquatiques des moustiques de se développer et d’être transportées est notamment incriminé. Dans ce cas, la maladie ne se répand pas par un premier contact direct entre espèce humaine et animaux réservoirs, suivi par une transmission intra-humaine, mais il est transmis à l’espèce humaine par des moustiques vecteurs, ces derniers se déplaçant efficacement avec notre aide. Jamais le moustique-tigre ou d’autres moustiques exotiques n’auraient quitté l’Asie sans notre aide !

Résumé : l'homme est très largement responsable de l'expansion de ces maladies émergentes. Ce qu'il a mis en place ne pourra disparaître du

                 jour au lendemain; attendons nous en conséquence à une augmentation de la fréquence et de la gravité de ces problèmes.

                 Selon Serge MORAND, entre 1940 et aujourd'hui, le nombre d'épidémies a été multiplié par 10...

 

 

La synthèse du FRB. Durant la crise Covid-19, nos ministères ont confié à la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) le soin d'établir une synthèse des connaissances scientifiques sur la question. Cette dernière, après avoir mobilisé son conseil scientifique et une trentaine d'experts extérieurs, a publié, le 15 mai, le fruit de son travail. Ces conclusions ont été présentées à la ministre de la Transition écologique le 22 mai à l'occasion de la journée internationale de la biodiversité. Que constatent les scientifiques ayant travaillé sur cette synthèse? "La science met en évidence de façon croissante des corrélations entre changements environnementaux globaux, perte de biodiversité et des services de régulation associés, et émergence, ou augmentation, de la prévalence de maladies infectieuses. Le risque zoonitique peut être accru par l'érosion de la biodiversité via des facteurs écologiques, épidémiologiques, adaptatifs et évolutifs, et anthropiques. Il existe des constats antérieurs de fortes atteintes à la biodiversité, et en particulier à l'intégrité des écosystèmes en Chine, avec des conséquences sur l'état des populations de certaines espèces, dont les chauves-souris". La synthèse souligne là aussi le "fort consensus" en faveur d'un lien entre déforestation et multiplication des zoonoses en Asie, Afrique et Amérique du Sud. Ce consensus existe aussi sur les effets de plusieurs activités sur l'accroissement du nombre d'épidémies d'origine zoonotique : changements d'usage des terres au bénéfice de l'agriculture, plantations non-spécifiques, activités extractives, infrastructures hydro-électriques et routières. Si les connaissances manquent sur le nouveau coronavirus, contrairement aux virus Ebola ou Nipah, "on sait que la déforestation est encore en cours dans plusieurs régions chinoises et limitrophes (notamment Vietnam et Laos), où se trouvent les hôtes des virus, pour l'instant présumés, à l'origine du Covid-19 (chauve-souris rhinolophes et pangolins)", relève la FRB.

Résumé : l'homme est très largement responsable de l'expansion de ces maladies émergentes. Ce qu'il a mis en place ne pourra disparaître du

                 jour au lendemain; attendons nous en conséquence à une augmentation de la fréquence et de la gravité de ces problèmes.

 

 

 

Pour en savoir beaucoup plus...

                                            ... sur la persistance des virus.

-3h dans l’air, 24h sur du carton, 3 jours sur du plastique et de l’acier, 4 jours sur du bois, 5 jours sur du verre. 

"Les mains sont en contact avec de nombreuses surfaces qui peuvent être contaminées par le virus. Si vous vous touchez les yeux, le nez ou la bouche, vous risquez d’être en contact avec le virus présent sur ces surfaces" confirme l’ Organisation Mondiale de la Santé. Par ailleurs, une étude publiée le 4 mars 2020 dans la revue américaine JAMA montrait que les patients atteints pas le virus contaminaient leur chambre et leur salle de bains.

-Les scientifiques ont testé l’une des chambres avant le nettoyage quotidien et les deux autres après les mesures de désinfection. Résultat : sur les 15 surfaces, le premier patient en avait contaminé 13 dont sa chaise, son lit, sa fenêtre et le sol, ainsi que son lavabo et la cuvette des toilettes. Les échantillons d’air étaient négatifs, mais positifs dans les grilles d’aération.

-Il faut surtout nettoyer les endroits que l’on est susceptible de toucher plusieurs fois et/ou dès que l’on rentre chez soi, juste avant de se laver les mains. Il s’agit donc des interrupteurs, des poignées de porte, du robinet, ou encore de son téléphone. Le sol, les chaises, la table, les télécommandes, la salle de bain et les toilettes doivent aussi être passés au crible. Concernant les provisions qui viennent de l'extérieur lorsque l'on est de retour des courses, l'Académie de médecine recommande de jeter tous les emballages et bien se laver les mains ensuite. 

-Pour le linge, il est préférable de laver les vêtements systématiquement après avoir été en contact avec d’autres personnes, ou après s’être assis dans des lieux avec beaucoup de passage, comme les transports en commun. Les draps des lits doivent aussi être passés en machine régulièrement. "Selon Santé Canada et par analogie avec SARS-CoV et MERS-CoV, un cycle en machine de 30 mn à 60°C serait de nature à détruire ces virus", estime le Haut Conseil de la santé publique.

Résumé : ce virus est persistant. Il devient nécessaire de tout nettoyer à fond et fréquemment.

 

Un monde, une santé.

Cette initiative propose de gérer la question de la santé humaine en globalité avec l’environnement et la biodiversité. Elle identifie trois objectifs principaux : lutter contre les zoonoses; assurer la sécurité sanitaire des aliments; lutter contre la résistance aux antibiotiques. Cette initiative nous rappelle avec vigueur que nous ne pouvons pas vivre dans un cocon artificiel, où nous ne serions jamais en contact avec la biodiversité, qu’elle soit sauvage, élevée ou cultivée. Deux des trois cibles de l’initiative "Un monde, une santé" – sécurité alimentaire et zoonoses – sont directement impliqués dans l’actuelle crise du Covid-19. Nous ne devrions pas créer des circuits alimentaires farfelus, qu’il s’agisse d’importer des espèces exotiques dans des conditions sanitaires incontrôlées ou de nourrir les animaux d’élevage avec des produits inappropriés, comme l’a montré la maladie de la vache folle avec la consommation de farines animales.

Prévenir les pandémies. Une fois de plus, quand il s’agit de biodiversité, les causes des crises sont connues et les remèdes aussi : quand allons-nous enfin appliquer les remèdes? La solution serait d’arrêter la destruction de l’environnement dans les pays du Sud – la déforestation, le transport d’animaux exotiques, le commerce mondial de n’importe quelle denrée ou espèce vivante – pour gagner quelques pour cent de rentabilité par rapport à des productions locales ou des circuits courts… On commence à entendre ici et là que "le monde ne sera pas le même après le Covid-19". Alors, intégrons à ce "monde de l’après" un plus grand respect de la biodiversité dans nos nouvelles règles de société… pour notre plus grand bénéfice immédiat !Le monde que nous laisserons à nos enfants et petits-enfants sera affecté par de nouvelles pandémies, c’est malheureusement déjà sûr… La question reste à savoir de combien de pandémies il sera question. Cela dépendra de nos efforts pour préserver la biodiversité et les équilibres naturels, partout sur la planète. Espérons qu’au-delà des drames humains actuels, le Covid-19 ait au moins l’effet positif de provoquer cette prise de conscience.

Résumé : c'est du bon sens. Malheureusement même si causes et remèdes sont connus, rien ne changera du jour au lendemain. Les épidémies

                vont se multiplier et vraisemblablement se potentialiser.

 

L'interview de Jean-François DELFRAISSY.

"Nous sommes à la merci d’une reprise de l’épidémie de Covid-19 en France"

Selon l’infectiologue Jean-François Delfraissy, le respect des mesures barrières se relâche trop vite. Il ne voit pas comment on pourrait éviter une résurgence du virus dans l’hémisphère Nord à l’automne. Le spécialiste des maladies émergentes et président du Comité consultatif national d’éthique préside depuis mars le conseil scientifique chargé d’éclairer les décisions publiques sur l’épidémie de Covid-19. Le conseil doit rendre dans les prochains jours son huitième avis avec des recommandations pour la rentrée.

"L’épidémie s’accélère et nous n’avons pas atteint le pic de la pandémie", a mis en garde l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mardi. Est-elle désormais hors de contrôle

Cette épidémie est totalement mondialisée, mais "hors de contrôle" m’apparaît un peu fort, car un certain nombre de pays qui ont subi la première vague l’ont à peu près contrôlée. Tout ce qui se passe dans l’hémisphère Sud nous fait dire que, même si ce virus est moins saisonnier qu’un virus grippal, il s’en rapproche quand même par certains côtés. Et on ne voit pas comment on éviterait un retour du virus dans l’hémisphère Nord à l’automne, donc une possible deuxième vague en octobre-novembre. Le très grand point d’interrogation est l’Afrique, qui, pour des raisons encore inconnues, est très peu touchée. C’est évidemment un enjeu majeur.

Si le SARS-CoV-2 semble bien s’adapter aux températures estivales, le répit risque d’être de courte durée

Le virus continue de circuler, certes de façon beaucoup plus lente, beaucoup plus contrôlée, mais il est toujours là. L’été pourrait se passer dans des conditions optimales, à condition que les mesures de distanciation sociale se poursuivent. Or, je suis frappé de voir que ce n’est pas le cas. Le port du masque dans les transports publics est bien respecté, à la fois parce que c’est obligatoire, et aussi parce que les citoyens eux-mêmes n’hésitent pas à demander à ceux qui n’en portent pas de descendre à la prochaine station. En revanche, les mesures de distanciation sociale sont en train de nous échapper. Il faut que tout le monde comprenne que – sans même parler de la deuxième vague – nous sommes à la merci d’une reprise en France. On le sait maintenant : il suffit qu’il y ait un super-contaminateur dans une assemblée et ça repart comme à Mulhouse.

Faut-il craindre une seconde vague dès cet été?

Il y a d’abord une reprise possible à partir du moment où les mesures de distanciation sociale ne sont pas suivies. Vous en avez un très bon exemple en ce moment, aux Etats-Unis : ils ne sont pas dans la deuxième vague mais dans une première vague qui se poursuit car les mesures de confinement n’ont pas été suffisamment strictes dans un certain nombre d’Etats, notamment dans le sud du pays.

Quels sont aujourd’hui les scénarios privilégiés par le conseil scientifique pour s’adapter à cette perspective?

Dans l’avis numéro 7, du 2 juin, il s’agit des scénarios 3 (une reprise diffuse et à bas bruit de l’épidémie) et 4 (l’épidémie atteint un stade critique). Il est donc totalement fondamental que l’ensemble des services de l’Etat reste dans une situation d’alerte forte durant cette période d’été et qu’on ne cède pas aux sirènes des vacances. Premièrement, il faut se préparer et tout faire pour éviter le confinement général, car les citoyens, probablement, ne l’accepteraient pas. Nous disposons d’outils – masques, tests, recherche des cas contacts (contact tracing) et d’une stratégie qui n’existaient pas début mars et qui sont maintenant bien en place. Mais encore faut-il qu’on ne s’endorme pas pendant l’été. Deuxièmement, il faudra peut-être qu’en cas de retour du virus en novembre – et je souhaite me tromper –, les anciens contribuent à ce qu’une vie sociétale puisse se poursuivre en France en se protégeant. C’est un choix politique mais aussi, à mes yeux, un choix sociétal voire éthique. Je souhaiterais vraiment que la société puisse profiter des deux ou trois mois que nous avons devant nous pour participer à l’élaboration de ce choix.

85 % des décès sont survenus chez des plus de 70 ans. L’idée serait donc de demander aux "anciens" un effort afin que le reste de la population puisse continuer à mener une vie plus normale

En tout cas, cette hypothèse est sur la table. Mais rien ne doit être imposé. C’est un choix de citoyen.

Les effets secondaires du confinement sont maintenant très visibles : décrochage scolaire, plans sociaux… Certains suggèrent qu’in fine le confinement pourrait causer davantage de dégâts, voire de morts, que l’épidémie elle-même

C’est facile de refaire l’histoire quatre mois plus tard. Mais avions-nous d’autres choix à un moment où il y avait déjà des centaines de milliers de nouveaux cas chaque jour en France? Je reste convaincu que ce n’était pas la bonne solution, mais la moins mauvaise. Les Etats-Unis, qui se sont, pour des raisons politiques, écartés des recommandations de leurs experts, et en particulier Anthony FAUCI, ont encore maintenant plusieurs dizaines de milliers de cas chaque jour. Au Texas, Houston, qui est une ville supérieure à New York ou Washington en termes de puissance médicale, est totalement débordée.

A la rentrée va se reposer la question des enfants. Quelles sont les recommandations du conseil scientifique pour la rentrée des classes?

Un avis du Haut Comité de la santé publique devrait sortir dans les jours qui viennent, et je ne souhaite pas en divulguer le contenu. La rentrée sera plus normale qu’au mois de juin mais avec, quand même, un certain nombre de mesures. Elles seront plus souples que celles mises en place lors de la reprise de l’école à la mi-mai, puis au mois de juin, parce que les connaissances ont évolué. On sait désormais que les enfants sont finalement davantage contaminés par les adultes qu’ils ne contaminent eux-mêmes les adultes.

Quelles seront les recommandations pour le travail, les lieux publics?

Nous sommes guidés par l’évolution des connaissances, notamment sur la transmissibilité du virus. Nous avons d’abord découvert que les patients peu symptomatiques, voire asymptomatiques, pouvaient transmettre le virus. Ensuite, nous avons constaté que les lieux de rassemblement, où les gens se touchent, sont particulièrement propices à son expansion. Enfin, plus récemment, nous avons découvert que les gouttelettes, et pas seulement les postillons, pouvaient être contaminantes. On sait aussi qu’il existe des "super-contaminateurs" qui peuvent contaminer 30, 40, 50 personnes. Compte tenu de ces éléments, il y a des lieux qu’on ne conseillera pas de rouvrir.

Au moment du déconfinement, l’objectif était de réaliser 700 000 tests par semaine. On est plutôt entre 250 000 et 300 000. Cela signifie-t-il que la politique de dépistage ne marche pas?

D’abord, le nombre de personnes contaminées est probablement plus faible que celui qu’on avait imaginé. C’est une bonne nouvelle. Cela dit, le nombre de tests réalisés est insuffisant. Ils sont destinés au diagnostic des personnes qui ont des symptômes, même minimes. Mais le message n’est pas encore suffisamment passé. On estime que seuls 50 % des gens contaminés sont dépistés. Les autres ne le font pas parce qu’ils ont peu de symptômes, sont jeunes, se demandent à quoi ça sert, etc. Il faut rappeler que le test a pour but de se diagnostiquer soi-même, mais aussi de tracer les autres contaminations.

Comment encourager davantage le recours aux tests?

Si on arrive dans un laboratoire et qu’on voit une file de 15 mètres ou 20 mètres dans la rue, comme je le vois tous les matins, on peut s’interroger : est-ce le bon système? Il y a une vraie question autour de ça. Une deuxième question est : est-ce qu’on ne peut pas tester plus puisqu’on a cette capacité? L’agence régionale de santé d’Ile-de-France a, par exemple, mis en place un dépistage plus ciblé dans les zones où la relation avec les médecins est plus difficile qu’ailleurs. Une troisième possibilité est d’aller encore plus loin avec des dispositifs permettant à chacun de se faire faire assez facilement un test, pourquoi pas même sur les lieux de vacances.

Des scientifiques ont mis en évidence une remontée du niveau de virus dans les eaux usées parisiennes, suggérant une reprise de l’épidémie. Ne faudrait-il pas déployer plus largement ce type d’analyse?

Avec ces analyses, on n’est plus dans une surveillance individuelle ou populationnelle mais dans la surveillance globale d’une grande ville. Or, la situation dans les grandes villes sera le grand sujet à la rentrée, surtout en cas de deuxième vague. Cependant, la communauté scientifique est encore un peu partagée sur la vraie signification de ce type de mesure.

L’OMS a admis hier la possible transmission du virus par l’air. Est-ce de nature à changer les perspectives?

C’est un des exemples de l’évolution des connaissances vis-à-vis de ce virus. Il y a des choses qu’on ne connaissait pas en mars qu’on connaît maintenant mieux et qu’on connaîtra encore mieux en novembre. C’est évidemment une préoccupation. La grande question est : que pourra-t-on faire en cas de reprise dans les grandes villes? Quelles mesures prendre pour éviter des vagues trop fortes dans les grandes agglomérations et laisser la vie se poursuivre en partie?

Résumé : une seconde vague est probable car certains pays ne font pas ce qu'il faut, car les bonnes habitudes de distanciation se sont déjà

                 relâchées, car dès l'automne, les températures chuteront Il est plus que nécessaire de rester en alerte.